Le 20 février, l"Arabie saoudite accueille un sommet crucial entre cinq pays arabes et l"Autorité palestinienne pour définir une réponse commune au projet controversé de Donald Trump visant à reconstruire Gaza sous contrôle américain.
Un vent de contestation souffle sur le Moyen-Orient alors que les dirigeants d"Arabie saoudite, d"Égypte, des Émirats arabes unis, du Qatar et de Jordanie se réunissent à Riyad aux côtés de l"Autorité palestinienne. Objectif de ce sommet exceptionnel : opposer un front uni au plan proposé par Donald Trump, qui prévoit de vider Gaza de ses habitants pour reconstruire le territoire sous supervision américaine.
Ce projet, rejeté en bloc par les pays arabes, suscite de vives inquiétudes. Selon une source saoudienne, la rencontre mettra l"accent sur le refus catégorique de tout "déplacement des Gazaouis" et d"une "transfert" hors de leur terre natale. Mahmoud Abbas, président de l"Autorité palestinienne, ou son Premier ministre Mohammad Mustafa, seront présents pour représenter les intérêts du peuple palestinien.
Une initiative contestée par Washington
Donald Trump, ancien promoteur immobilier et actuel président des États-Unis, défend un plan controversé prévoyant la transformation de Gaza en une "Riviera du Moyen-Orient", avec la relocalisation de ses 2,4 millions d"habitants principalement en Jordanie et en Égypte. Un projet qui, selon ses détracteurs, relève davantage d"une vision immobilière que d"une solution politique durable.
Le sécrétaire d"État américain, Marco Rubio, a récemment déclaré que Washington restait à l"écoute des propositions arabes concernant l"avenir de Gaza, tout en insistant sur la nécessité d"une solution viable. En pleine tournée diplomatique au Moyen-Orient, il espère discuter de ces alternatives avec ses homologues arabes et israéliens.
Le poids de l"Égypte et de la Jordanie
L"Égypte et la Jordanie, deux acteurs-clés du dossier, font face à une pression accrue. Ces deux pays, proches partenaires des États-Unis, ont fermement rejeté tout plan visant à accueillir en masse les réfugiés gazaouis. Le roi Abdallah de Jordanie, qui compte déjà plus de deux millions de réfugiés palestiniens sur son territoire, a été reçu récemment à Washington pour réaffirmer sa position.
De son côté, le Caire prépare une "vision globale" pour la reconstruction de Gaza, insistant sur le fait que les Palestiniens doivent rester sur leur terre. Par ailleurs, l"Égypte a obtenu un accord de principe pour une réunion ministérielle exceptionnelle de l"Organisation de la coopération islamique (OCI), regroupant 57 nations, afin de débattre d"une solution arabe concertée.
Vers une alternative arabe ?
Ce sommet de Riyad s"inscrit dans une volonté plus large du royaume saoudien de jouer un rôle de premier plan dans le dossier israélo-palestinien. Selon Mutlaq al-Mutairi, expert de l"université du roi Saoud, l"Arabie saoudite veut affirmer son soutien à l"Égypte et à la Jordanie, qui refusent d"être les destinations finales d"un exode forcé des Gazaouis.
L"analyste saoudien Suleiman al-Aqili estime que cette rencontre vise à poser "les bases d"une solution arabe alternative" pour Gaza, mettant fin à toute idée de déplacement forcé. Parmi les participants, le Qatar et l"Égypte jouent un rôle essentiel en tant que médiateurs entre Israël et le Hamas.
Si l"issue de cette rencontre reste incertaine, une chose est sûre : l"union des pays arabes face au plan Trump pourrait rebattre les cartes de la diplomatie au Moyen-Orient. Reste à savoir si Washington tiendra compte de cette fronde collective ou poursuivra ses pressions pour imposer sa vision du futur de Gaza.

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