Tensions militaires en Méditerranée occidentale : Madrid renforce ses défenses à Ceuta et Melilla alors que Rabat modernise son arsenal.

L’Espagne intensifie ses efforts de dissuasion à Ceuta et Melilla, en réponse à la modernisation militaire marocaine. Alors que Rabat s’apprête à recevoir un premier lot de chasseurs furtifs F-35 américains dans le cadre d’un contrat de 17 milliards de dollars, Madrid multiplie les exercices militaires et renforce ses positions dans les enclaves du nord de l’Afrique.

Les dernières manœuvres en date, menées par l’Académie d’artillerie de l’armée de terre espagnole en collaboration avec le Régiment mixte d’artillerie n° 30 (RAMIX 30), ont mis en scène des tirs antiaériens sur le champ de tir "Almina" à Ceuta. Cette opération d’envergure a impliqué des élèves sergents en formation et visait à améliorer la réactivité des unités en cas de menace aérienne.

L’exercice a mis en avant l’usage du canon antiaérien GDF-007 de 35 mm, une arme suisse de haute précision conçue pour neutraliser des cibles en mouvement à basse et très basse altitude. Doté d’un système de conduite de tir avancé SKYDOR, cet équipement peut atteindre une vitesse de 1 175 mètres par seconde et dispose d’une cadence de tir de 550 coups par minute par tube. Sa portée effective de 4 000 mètres lui permet de détruire des menaces aériennes avant qu’elles ne mettent en danger des infrastructures stratégiques.

L’une des particularités de cette arme réside dans sa capacité à tirer des munitions AHEAD, conçues pour anéantir drones et missiles grâce à un nuage de sous-projectiles déclenché à l’impact. Sa maniabilité et sa capacité à être déployée sur des terrains variés en font un élément clé du dispositif militaire espagnol à Ceuta.

Ces renforts opérationnels interviennent dans un contexte de tensions croissantes en Méditerranée occidentale, où l’Espagne semble anticiper toute évolution géopolitique susceptible de remettre en question sa souveraineté sur ses enclaves africaines. La course aux armements entre Madrid et Rabat révèle ainsi une stratégie de préparation à un éventuel changement d’équilibre régional, alimentant les spéculations sur l’avenir de Ceuta et Melilla.