Les États-Unis ont instauré de nouveaux droits de douane réciproques sur les importations étrangères. Alors que plusieurs nations subissent des hausses tarifaires significatives, le Maroc bénéficie d’un taux relativement clément de 10 %, le plus bas annoncé par l’administration Trump.

Les relations commerciales internationales viennent de franchir un nouveau cap sous l’ère Trump. Le président américain a signé, mercredi, un décret imposant des droits de douane réciproques sur les importations en provenance du monde entier. L’objectif affiché : protéger l’économie américaine en instaurant une taxation ajustée selon les pays d’origine. Mais si certaines nations voient leurs exportations vers les États-Unis lourdement taxées, d’autres, comme le Maroc, échappent en grande partie à cette offensive commerciale.

Dans cette répartition, le Royaume chérifien fait figure de privilégié avec une taxe de 10 % sur ses exportations à destination des États-Unis, un taux bien inférieur à celui appliqué à plusieurs autres pays. L’Algérie, par exemple, est frappée par un droit de douane de 30 %, tandis que la Tunisie subit une hausse de 28 %. La Chine et l’Union européenne ne sont pas en reste, écopant respectivement de taxes de 34 % et 20 %. À l’inverse, des pays comme le Royaume-Uni, l’Arabie Saoudite et la Turquie bénéficient, eux aussi, du taux minimal de 10 %, signe que Washington distingue ses partenaires commerciaux selon des critères économiques et stratégiques.

L’application de ces nouvelles taxes suscite des inquiétudes au sein des pays les plus touchés, certains craignant une montée des tensions commerciales. Donald Trump, de son côté, affirme vouloir agir avec "gentillesse", bien que cette décision marque une nouvelle étape dans la politique protectionniste qu’il défend depuis son arrivée à la Maison-Blanche.

Malgré ces nouvelles mesures, le Maroc devrait voir ses échanges avec les États-Unis se maintenir. Depuis la signature de l’Accord de libre-échange (ALE) entre les deux pays en 2006, le volume des exportations marocaines vers le marché américain n’a cessé de croître, atteignant 16,3 milliards de dirhams (1,67 milliard de dollars) en 2022. Parmi les principaux produits exportés figurent les engrais minéraux et chimiques (3,35 milliards de dirhams, soit 20,8 % du total) ainsi que l’industrie automobile (11,4 %).

Le décret prévoit une entrée en vigueur progressive : la taxe de 10 % sera appliquée dès le 5 avril à 04h01 GMT, tandis que les droits majorés prendront effet à partir du 9 avril. Plusieurs observateurs s’attendent à des réactions en chaîne de la part des pays les plus pénalisés, avec le risque d’une escalade protectionniste pouvant perturber les échanges mondiaux.

Si l’administration Trump espère rééquilibrer le commerce extérieur des États-Unis grâce à ces mesures, leur impact réel reste incertain. Cette nouvelle politique tarifaire pourrait bien redessiner les rapports de force économiques et provoquer des ajustements stratégiques chez les partenaires commerciaux de Washington.