Pékin contre-attaque après les hausses tarifaires de Donald Trump, déclenchant une onde de choc sur les marchés mondiaux et relançant les tensions commerciales entre puissances économiques.
Dans un contexte géopolitique déjà tendu, la décision de Donald Trump d"imposer une nouvelle vague de droits de douane sur les importations a déclenché une riposte immédiate de la Chine. Pékin a annoncé, ce vendredi, l’instauration de taxes de 34 % sur les produits américains, tout en saisissant officiellement l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour contester cette escalade jugée injustifiée.
La réponse chinoise ne s’est pas fait attendre. Dès l"annonce, les marchés financiers ont vacillé : Francfort, Paris, Londres, Milan ou encore Madrid ont vu leurs indices plonger entre -4 % et -7 %. Même scénario à Wall Street, où le Nasdaq a connu sa pire séance depuis 2020, avec une chute vertigineuse de près de 6 %, entraînant dans son sillage les géants de la tech et de l’habillement, particulièrement vulnérables en raison de leur forte exposition à l’Asie.
Ce nouveau bras de fer commercial, qualifié par plusieurs analystes de "plus grande offensive protectionniste depuis près d’un siècle", redistribue brutalement les cartes du commerce mondial. En parallèle des sanctions douanières, la Chine a lancé un contrôle stratégique sur l’exportation de terres rares, dont certaines, comme le gadolinium ou l’yttrium, sont essentielles aux industries de pointe, de l’électronique à la médecine.
La tourmente n’a pas épargné l’Asie, où la Bourse de Tokyo a terminé en forte baisse, suivie de près par Sydney et Séoul. Quant aux places boursières chinoises, elles sont restées fermées pour cause de congé national, retardant les premiers effets visibles d’une crise commerciale qui s’annonce durable.
« L’incertitude domine désormais l’ensemble des places financières », ont résumé les économistes de Tokai Tokyo Securities, tandis que le cuivre et le pétrole, baromètres de la stabilité économique mondiale, ont eux aussi décroché de plus de 5 %.
Sûr de son choix, Donald Trump a tenu un discours confiant à bord d’Air Force One, affirmant que « l’économie américaine, malade depuis longtemps, allait enfin retrouver toute sa vigueur ». Mais cette vision optimiste n’est pas partagée par tous. Le FMI a, de son côté, alerté sur un « risque majeur pour la croissance mondiale », alors que la directrice générale de l’OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, prévoit une baisse d’environ 1 % du commerce mondial de biens cette année.
Derrière les chiffres, ce sont des pans entiers de l’économie mondiale qui vacillent. Les nouveaux tarifs douaniers vont frapper lourdement des pays tels que la Chine (+54 % de hausses cumulées), le Cambodge, le Vietnam et le Bangladesh. L’Union européenne, elle, fait face à des surtaxes de 20 %, en plus des taxes déjà appliquées.
Le président français Emmanuel Macron a appelé à une réponse unie de l’Europe, suggérant une suspension temporaire des investissements en territoire américain. La cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, a rappelé que la finalité devait être la suppression, et non la multiplication des barrières tarifaires.
Ces mesures protectionnistes ne sont pas sans conséquences concrètes : le groupe automobile Stellantis a d’ores et déjà suspendu une partie de sa production en Amérique du Nord, conséquence directe de la surtaxe sur les véhicules importés.
La Maison Blanche, tout en se montrant ferme, n’exclut pas l’ouverture de négociations. Mais elle avertit : toute tentative de représailles pourrait entraîner de nouvelles sanctions.
Dans un monde toujours plus interconnecté, cette nouvelle guerre commerciale remet en question les règles établies du libre-échange. Reste à voir si les acteurs majeurs sauront éviter l’embrasement global ou s’ils s’engagent dans une spirale aux conséquences imprévisibles.

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour publier un commentaire