Des milliers de citoyens marocains ont convergé vers le cœur de Rabat pour dénoncer les violences à Gaza et affirmer leur solidarité avec la population palestinienne, dans une mobilisation d’une ampleur inédite.

Une foule dense, vibrante et déterminée a envahi les artères principales de Rabat ce dimanche 6 avril 2025. Drapeaux palestiniens en main, keffiehs noués autour du cou, slogans scandés avec ferveur : les rues de la capitale ont résonné des voix d’un peuple uni pour exprimer sa colère face aux massacres perpétrés à Gaza et sa solidarité indéfectible avec les Palestiniens.

Partie de la célèbre place Bab El Had, la marche nationale s’est ébranlée en direction du Parlement, traversant l’avenue Mohammed V dans une ambiance à la fois grave et combative. Cette manifestation, soutenue par une large coalition d’organisations civiles, médicales et étudiantes, a rassemblé des citoyens venus de tous horizons. Femmes, hommes, enfants et personnes âgées ont marché côte à côte, portés par une cause qui transcende les appartenances politiques et les générations.

Dans le cortège, des figures de différents courants politiques marocains, dont des représentants de la gauche et des mouvances islamistes, ont pris la parole pour dénoncer l’inaction des institutions internationales et pointer du doigt le mutisme de la Ligue arabe. Les critiques ont également ciblé les autorités marocaines, interpellées sur la nécessité de rompre toute normalisation avec Israël et de fermer le bureau de liaison établi à Rabat. L’émotion était à son comble lorsque, dans un geste hautement symbolique, des manifestants ont brûlé un drapeau israélien, en signe de rejet de l’occupation militaire et des souffrances infligées aux civils palestiniens.

Les organisateurs de la manifestation, notamment le Front marocain de soutien à la Palestine et de lutte contre la normalisation, ont insisté sur le caractère pacifique de la marche. La sécurité a été assurée sans heurts, permettant aux participants d’exprimer librement leurs positions. De nombreux panneaux et banderoles portaient des messages appelant à la fin immédiate du siège de Gaza, en vigueur depuis plus de 19 mois, et dénonçant les bombardements répétés qui ont déjà coûté la vie à des milliers de personnes, dont un nombre alarmant d’enfants.

Au fil de la marche, les appels au boycott des entreprises internationales accusées de soutenir ou de profiter de l’occupation se sont multipliés. « Ne financez pas la guerre », « Le commerce ne doit pas nourrir la souffrance » ou encore « Achetons éthique, pensons Gaza » faisaient partie des slogans les plus répandus. Le mouvement de boycott a trouvé un écho particulier auprès des jeunes manifestants, nombreux à s’impliquer dans des campagnes de sensibilisation à travers les réseaux sociaux.

Présents en nombre, les professionnels de santé, notamment les membres de la coordination « Médecins pour la Palestine », les étudiants en médecine et en pharmacie, ont tenu à faire entendre leur voix. Arborant des blouses blanches tachées de rouge symbolique, ils ont rappelé le drame humanitaire que traverse actuellement la bande de Gaza, privée d’accès à des soins de base, à l’eau potable et à l’électricité. Leur message était clair : la situation n’est pas simplement politique, elle est d’abord humaine.

En marge de la manifestation, certains participants ont improvisé des moments de recueillement, brandissant les portraits d’enfants tués lors des frappes israéliennes, lisant leurs noms à haute voix pour leur redonner une dignité dans la mémoire collective.

Ce rassemblement de grande ampleur n’a pas seulement réaffirmé le soutien du peuple marocain à la cause palestinienne ; il a aussi envoyé un signal fort à la communauté internationale. Dans un contexte de tension extrême au Proche-Orient, la voix des rues marocaines s’est élevée avec une clarté nouvelle : celle d’un peuple qui refuse l’indifférence et qui réclame la justice.