La cyberattaque ayant visé les serveurs de la CNSS continue de livrer ses secrets, bien que le ministère marocain de l’Emploi ait démenti toute fuite de données. Parmi les documents exfiltrés et diffusés en ligne, figure le nom de Mounir El Majidi, collaborateur de haut rang du roi Mohammed VI, dont le revenu mensuel présumé a suscité une vague de réactions.

Les révélations se poursuivent après l’intrusion numérique qui a visé la Caisse Nationale de Sécurité Sociale. Alors que les autorités marocaines tentent de contenir l’impact de cette cyberattaque, de nouveaux éléments viennent amplifier la portée politique et symbolique de l’affaire. En effet, des documents rendus publics par les pirates informatiques évoquent un salaire de 120 000 euros attribué à Mounir El Majidi, figure centrale de l’entourage royal.
Secrétaire particulier du roi Mohammed VI depuis l’an 2000, El Majidi est connu pour sa discrétion autant que pour son influence. Il gère les affaires personnelles du monarque et préside Al Mada, un puissant holding économique détenu par la famille royale, considéré comme le plus grand conglomérat du pays. L’apparition de son nom dans les documents volés de la CNSS place désormais cet homme de l’ombre au cœur d’un scandale numérique aux ramifications sensibles.
Selon les sources relayées par plusieurs canaux de communication, l’attaque ayant ciblé les infrastructures numériques marocaines serait une riposte coordonnée à une opération présumée menée par des acteurs marocains contre des plateformes algériennes, notamment celle de l’agence de presse APS. Cette escalade numérique marque un nouveau palier dans la rivalité informationnelle entre les deux pays.
Parmi les fichiers diffusés, figureraient également les identités de 15 employés affiliés au bureau de liaison israélien à Rabat, suscitant un autre volet de controverses sur les implications diplomatiques de la fuite. À ce jour, aucune autorité n’a confirmé l’authenticité intégrale des documents, mais leur contenu continue de circuler et d’alimenter les débats sur la sécurité des données sensibles détenues par les institutions publiques marocaines.
La trajectoire de Mounir El Majidi, personnage discret mais omniprésent dans les structures de pouvoir, attise la curiosité. Fils d’un fonctionnaire issu d’un quartier modeste de Rabat, il a été propulsé très jeune dans l’élite royale. Éduqué aux côtés du cousin du roi, il a rapidement accédé à des fonctions stratégiques, jusqu’à devenir président de la fondation Maroc Culture, organisatrice du festival international Mawazine, mais aussi du FUS de Rabat, de l’Académie Mohammed VI de football et de plusieurs institutions caritatives et culturelles.
Son nom est loin d’être inconnu dans les cercles critiques. Il avait déjà été cité dans les câbles diplomatiques de Wikileaks, et plus tard dans les fameux Panama Papers, pour son rôle dans des montages financiers liés à l’acquisition d’un navire de luxe au profit de la monarchie.
À l’heure où les cyberattaques deviennent un levier géopolitique à part entière, cette fuite massive rappelle combien la gestion de la cybersécurité est devenue une priorité stratégique pour les États. Et quand elle touche des personnalités de premier plan, elle révèle aussi l’étendue de la porosité entre pouvoir, vie privée, et exposition publique.

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