Rabat, avril 2025 — Il s"appelle Rachid Mzannar, et son nom est désormais sur toutes les lèvres dans les milieux de la cybersécurité marocaine. Ce jeune ingénieur en sécurité informatique est suspecté d’être à l’origine de l’une des plus grosses fuites de documents internes au sein de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS). Retour sur le parcours de celui qui secoue le système de l’intérieur.
Un profil discret, mais compétent
Originaire de Casablanca, Rachid Mzannar est diplômé d’une école marocaine d’ingénierie informatique. Spécialisé dans les systèmes de sécurité, il a travaillé pendant plusieurs années comme freelance en cybersécurité, collaborant avec diverses entreprises locales, notamment dans l’audit des systèmes d’information et les tests d’intrusion.
Son profil LinkedIn, aujourd’hui supprimé, mentionnait des certifications prestigieuses dans le domaine, comme CEH (Certified Ethical Hacker) et OSCP (Offensive Security Certified Professional). Selon nos sources, il aurait brièvement travaillé en tant que prestataire pour une entreprise sous-traitante liée indirectement à la CNSS, ce qui pourrait lui avoir offert une première porte d’entrée vers les systèmes internes.
Une attaque planifiée et revendiquée
Le nom de Rachid Mzannar est apparu sur le devant de la scène après la publication, début avril, de dizaines de documents internes de la CNSS sur une plateforme anonyme. Les fichiers concernaient notamment :
Des échanges internes confidentiels
Des extraits de contrats
Des données d’accès techniques
Et, selon certaines sources, des documents budgétaires sensibles
L’auteur de la fuite s’est présenté dans un manifeste signé sous le pseudonyme "0xMorrocanLeaks", confirmant rapidement ce qui semble être le double numérique de Rachid Mzannar.
Dans le message qui accompagne la fuite, il justifie son geste :
« Le peuple marocain a le droit à la transparence. Ce n’est pas une attaque, c’est un signal d’alarme. On ne protège pas les citoyens avec des systèmes vulnérables. »
Cybercriminel ou lanceur d’alerte ?
L’affaire divise l’opinion publique. Si certains le qualifient de "pirate", d’autres parlent d’un "lanceur d’alerte courageux". Sur les réseaux sociaux, le hashtag #RachidMzannar a rapidement pris de l’ampleur, notamment chez les jeunes professionnels du numérique qui voient en lui un symbole de révolte contre l’inefficacité numérique des institutions.
Un expert en cybersécurité ayant requis l’anonymat commente :
« Ce qu’il a fait est illégal, certes, mais techniquement brillant. Et surtout, il expose un vrai problème : les institutions publiques marocaines sont gravement sous-protégées. »
Une enquête en cours, un hacker introuvable
À l’heure où nous écrivons ces lignes, Rachid Mzannar est introuvable. D’après certaines sources proches du dossier, il aurait quitté Casablanca peu avant la fuite. La Direction Générale de la Sûreté Nationale (DGSN), en collaboration avec la DGSSI, aurait lancé un mandat de recherche à son encontre.
Les autorités n’ont toujours pas confirmé officiellement son identité, mais en interne, la piste Mzannar semble être la plus sérieusement considérée.
Et maintenant ?
L’affaire Mzannar ouvre un débat crucial sur la cybersécurité au Maroc, et plus largement sur le rôle des experts techniques dans un État encore en pleine transition numérique. Faut-il punir sévèrement l’auteur d’un tel acte, ou l’écouter comme un avertissement salutaire ? Le débat est lancé.
En attendant, Rachid Mzannar reste invisible, mais son message, lui, a déjà laissé une empreinte.

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