Des parents d’élèves ont manifesté mardi matin à Rabat et à Kénitra devant plusieurs établissements de la mission française, après l’annonce d’une hausse des frais de scolarité d’environ 10 000 dirhams par an.

La hausse des frais de scolarité annoncée par plusieurs établissements de la mission française au Maroc ne laisse pas indifférents les parents d’élèves. Ces derniers se sont rassemblés mardi matin devant les écoles fréquentées par leurs enfants à Rabat et à Kénitra pour protester contre une augmentation d’environ 10 000 dirhams par an, qu’ils qualifient de « brutale et injustifiée ».

Devant les établissements Descartes et Paul-Cézanne à Rabat, ainsi qu’André-Chénier, Saint-Exupéry, Albert-Camus et Ronsard à Kénitra, les familles ont dénoncé une décision qu’elles jugent excluante, susceptible de peser lourdement sur le budget des ménages et de remettre en cause l’accessibilité de l’enseignement français au Maroc.

Cette hausse des frais résulte de l’instauration de droits d’inscription annuels, une première dans le système éducatif français, qu’il soit public ou privé.
« Au lieu de payer 25 000 dirhams de droits d’inscription lors de la première inscription, puis de régler les frais de scolarité chaque trimestre, les parents doivent désormais s’acquitter de 7 000 dirhams de droits d’inscription par an, un montant porté à près de 10 000 dirhams après une augmentation de 4 %, sans compter les frais trimestriels », explique une mère d’élève. Elle évoque également des problèmes de gestion financière mis en évidence par un audit.

Cette décision a renforcé le mécontentement des parents, d’autant plus que les excédents financiers générés par les pôles au Maroc auraient, par le passé, été transférés vers la France afin de financer d’autres pays déficitaires. « Il n’est pas acceptable de subir aujourd’hui de telles augmentations », estiment-ils.

Du côté des autorités françaises, cette hausse est justifiée par le désengagement progressif de l’État dans un contexte de déficit structurel. L’objectif est de transférer une part croissante de cette charge sur les parents, notamment pour financer les retraites et les avantages des enseignants expatriés ou détachés. Les fonds collectés seront reversés à Bercy, sans réinvestissement local, y compris au niveau du pôle Rabat-Kénitra.

Les parents dénoncent également l’intégration dans les frais de scolarité de dépenses relevant, selon eux, de l’ambassade de France, telles que le fonctionnement du bureau des examens, la prise en charge du personnel administratif ou encore l’occupation de locaux scolaires par ces services, au détriment des espaces pédagogiques.

En France, plusieurs parents affirment faire face à une vague de hausses des frais de scolarité dans les établissements privés. Selon des témoignages, une première augmentation a été appliquée en janvier, tandis qu’une nouvelle est prévue en février, en lien avec des mesures de restrictions budgétaires.