Le marché de la voiture électrique au Maroc connaît une accélération remarquable. Avec environ 5 500 véhicules électriques vendus en 2025, le Royaume s’est hissé au deuxième rang africain, derrière l’Égypte. Mais cette progression soulève une question essentielle : le Maroc dispose-t-il aujourd’hui des conditions nécessaires pour accompagner l’essor de la voiture électrique ?
Le premier frein reste le prix des voitures électriques au Maroc. Des modèles accessibles commencent à apparaître, mais leur coût demeure élevé pour une grande partie des automobilistes. La Dacia Spring, par exemple, est proposée autour de 199 000 dirhams, ce qui représente encore un investissement important pour un ménage marocain. À l’achat, l’électrique reste donc difficilement comparable à certaines voitures thermiques d’occasion.
L’autre question est celle des bornes de recharge au Maroc. Le pays a annoncé d’importants projets pour développer son réseau, avec notamment l’objectif d’installer 2 500 nouvelles bornes. Mais au-delà du nombre, c’est le maillage qui sera déterminant : un automobiliste doit pouvoir trouver facilement une borne à Casablanca comme à Oujda, à Marrakech comme sur les grands axes reliant les villes.
Le Maroc pourrait donc franchir un nouveau cap en accompagnant davantage l’achat de véhicules électriques. Une prime à la conversion permettant de remplacer une ancienne voiture diesel ou essence par un modèle électrique serait une piste particulièrement intéressante. Elle permettrait à la fois de soutenir le pouvoir d’achat et d’accélérer le renouvellement d’un parc automobile vieillissant.
D’autres mesures pourraient également changer la donne : réduction des taxes à l’achat, financement préférentiel, stationnement gratuit ou encore recharge offerte pendant les premiers mois pour les nouveaux propriétaires. Plusieurs pays ont utilisé différents mécanismes d’incitation pour rendre la transition plus attractive.
L’enjeu est désormais de passer d’une simple progression des ventes à une véritable politique de mobilité électrique. Le Maroc possède l’industrie automobile, les compétences et les ambitions nécessaires. Il lui reste surtout à rendre la voiture électrique plus accessible, plus pratique et rassurante au quotidien. C’est à cette condition que les 5 500 véhicules vendus en 2025 pourront devenir le début d’un véritable changement de modèle.

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