Le débat sur le passage de la Botola à 20 clubs ne devrait pas se résumer à une opposition entre ceux qui sont pour et ceux qui sont contre. Derrière cette réforme se pose une question plus importante : quelle direction voulons-nous donner au football professionnel marocain ?

Le vote organisé lundi 17 août a montré des divergences, avec 17 voix favorables, sept contre et trois abstentions. Mais cette division ne signifie pas nécessairement que le projet est mauvais. Elle montre surtout qu’une évolution aussi importante mérite d’être étudiée avec sérieux, sans perdre de vue l’intérêt général du football marocain.

Car le contexte a changé. Ces dernières années, le Maroc a investi dans ses infrastructures, renforcé ses structures de formation et enregistré des résultats sportifs qui témoignent du travail accompli à différents niveaux. Cette dynamique invite peut-être à réfléchir à une Botola capable, elle aussi, de changer d’échelle.

Passer à 20 équipes ne serait évidemment pas une solution miracle. Davantage de clubs signifie davantage de matchs, des exigences financières plus importantes et la nécessité d’améliorer encore la gestion, les stades, les infrastructures et l’encadrement. Une telle réforme ne peut donc réussir que si elle s’accompagne de garanties claires et d’un véritable cahier des charges.

Mais faut-il pour autant écarter l’idée par principe ? Pas forcément. Un championnat élargi pourrait offrir davantage d’opportunités aux clubs, permettre à de nouveaux projets de se développer et élargir le vivier de joueurs susceptibles d’alimenter les sélections nationales.

Le Maroc a démontré qu’il pouvait construire sur le long terme. La réussite de ses sélections, les progrès de la formation et le développement des infrastructures ne sont pas le fruit du hasard. La Botola peut-elle désormais bénéficier de la même ambition ?

La vraie question n’est donc peut-être pas de savoir si la Botola doit passer à 20 clubs immédiatement. Elle est plutôt de déterminer à quelles conditions cette réforme pourrait servir le football marocain.

Si les garanties sont réunies, pourquoi ne pas l’étudier sérieusement ? Une réforme réussie ne se mesure pas au nombre de clubs ajoutés, mais à sa capacité à élever durablement le niveau du championnat et à accompagner l’ambition désormais affichée par le football marocain.