Le gouvernement espagnol a démenti l’existence d’un quelconque plan visant à interrompre ou à réduire les approvisionnements énergétiques du Maroc. La mise au point intervient après la diffusion, dans la presse espagnole, d’informations faisant état d’un supposé dispositif destiné à anticiper une éventuelle rupture des flux de gaz entre les deux pays.
Selon des sources proches de la présidence du gouvernement espagnol, aucun rapport ni aucune étude n’aurait été commandé à Madrid pour préparer un tel scénario. L’exécutif espagnol qualifie ainsi ces informations de fausses.
L’affaire prend toutefois une dimension particulière en raison du rôle de l’Espagne dans l’approvisionnement gazier du Royaume. Depuis 2022, le Gazoduc Maghreb-Europe fonctionne en sens inverse et permet d’acheminer vers le Maroc du gaz importé sous forme de GNL. Celui-ci est réceptionné et regazéifié en Espagne avant d’être injecté dans le réseau à destination du Maroc.
Une infrastructure stratégique
Le dispositif constitue l’un des canaux utilisés pour alimenter le marché marocain en gaz naturel, notamment pour les besoins de certaines centrales électriques. Une perturbation des flux transitant par l’Espagne pourrait donc, en théorie, soulever des interrogations sur la continuité de l’approvisionnement.
Mais cette vulnérabilité potentielle ne signifie pas qu’un scénario de rupture soit actuellement préparé par Madrid. C’est précisément cette distinction que le gouvernement espagnol entend établir avec son démenti.
Cette controverse intervient alors que les relations entre l’Espagne et le Maroc se sont rapprochées ces dernières années, avec une coopération renforcée dans plusieurs secteurs, dont l’énergie. Dans ce contexte, Madrid cherche manifestement à couper court aux spéculations sur l’utilisation de l’approvisionnement énergétique comme moyen de pression.
À ce stade, aucun élément fourni ne permet donc d’établir l’existence d’un plan espagnol visant spécifiquement à suspendre les livraisons de gaz au Maroc. Le scénario évoqué dans certains médias reste démenti par les autorités espagnoles.

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